Le Virus Sans Vaccin
En Afrique de l’Est, il existe un virus que l’on ne voit pas. Il ne donne pas de fièvre. Il ne fait pas tousser. Mais il divise les gens. Ce virus s’appelle l’ethnicité utilisée comme une arme.
Les marchés sont pleins. Les bus roulent. Les enfants vont à l’école. Mais sous cette vie normale, il y a une peur silencieuse. La peur de l’autre. La peur de celui qui n’a pas le même nom, la même langue, la même origine.
Comment le virus commence
Au départ, l’ethnicité n’était pas un problème. Elle donnait une identité, une culture, une histoire. Les gens vivaient ensemble, échangeaient, se mariaient. Mais avec la colonisation, tout a changé. Les colonisateurs ont séparé les peuples. Ils ont dit : ce groupe est différent, ce groupe est meilleur. Ils ont créé la division. Après l’indépendance, cette division est restée. Les dirigeants ont compris qu’ils pouvaient gagner le pouvoir en parlant d’ethnie. Ils ont dit : vote pour moi, je suis comme toi. Peu à peu, l’ethnicité est devenue une arme politique.
La propagation
Le virus se propage surtout en période de crise. Quand il n’y a pas de travail. Quand la vie est chère. Quand les élections approchent. Les gens cherchent un responsable. Les politiciens montrent alors du doigt un autre groupe. Les réseaux sociaux rendent le virus plus rapide. Un message faux, une rumeur, une vidéo coupée, et la haine se répand. Beaucoup partagent sans vérifier. La colère voyage plus vite que la vérité.
Les symptômes
Au début, ce sont des mots. Des blagues méchantes. Des regards de méfiance. Puis viennent les actes. Des voisins deviennent des ennemis. Des familles fuient leurs maisons. Des jeunes se battent pour une identité qu’ils ne comprennent pas toujours.
Peter, 25 ans, raconte :
« Avant, nous jouions ensemble. Après les élections, on m’a dit que je n’étais plus d’ici. Mon nom est devenu un problème. »
Un virus sans vaccin ?
Il n’existe pas encore de vaccin simple contre ce virus. Mais il y a des traitements. Une école qui enseigne le respect. Un leader qui parle d’unité. Un média qui dit la vérité. Une justice équitable.
L’ethnicité n’est pas le problème. Le problème, c’est son utilisation pour diviser. Tant que l’injustice existe, le virus reste vivant. Mais comme tous les virus, il a peur de la lumière. La lumière de la vérité. La lumière de la solidarité. La lumière d’une Afrique de l’Est où l’identité ne tue pas, mais relie.
Nous nous trouvons tous sur la même terre. Nous respirons le même air. Nous cherchons la même chose: vivre en paix, nourrir nos familles, protéger nos enfants. Alors pourquoi la tuerie ? Pourquoi le sang coule-t-il à cause des noms, des langues ou des origines ? Quand un homme tue un autre homme pour son ethnie, il oublie que la terre ne choisit pas. Elle accueille tout le monde, sans demander d’où l’on vient.
La tuerie naît de la peur et du mensonge. On apprend aux gens à haïr, à croire que l’autre est un ennemi. Des leaders utilisent la colère pour gagner du pouvoir. Mais la violence ne donne rien de durable. Elle laisse seulement des mères en larmes, des enfants sans avenir et des communautés brisées. Tant que nous ne reconnaissons pas que nous sommes tous humains avant tout, la terre continuera à porter nos morts au lieu de porter nos espoirs.
La seule vraie solution est de refuser la gourmandise, la soif du pouvoir et la dictature de quelques leaders. Tant que certains voudront tout prendre pour eux, ils utiliseront l’ethnie pour diviser et régner. La paix ne peut pas naître là où l’ambition personnelle passe avant la vie humaine. Un leader doit servir, non dominer.
Mettre fin à la violence demande du courage collectif. Cela commence par dire non aux discours de haine, non aux chefs qui sèment la peur, et oui au partage, à la justice et au respect. Quand le pouvoir cesse d’être une obsession, quand la richesse cesse d’être accaparée, alors l’ethnicité perd sa force de destruction. Ce jour-là, la terre redeviendra un lieu de vie, et non un champ de mort.
Autheur :Solo
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